2018 - 3ème dimanche de Carême

 

Troisième dimanche de Carême : une vie recentrée

Même après avoir médité sur la Transfiguration, cette sorte d’éclair fulgurant sur la divinité de Jésus, il n’est pas évident de comprendre où nous mène le passage de la mort à la vie. Il faut y réfléchir à deux fois, comme dit l’expression populaire. Le changement de Temple évoqué par Jésus peut nous y aider. Nous avons l’habitude de nous braquer sur les vendeurs chassés du temple ; ce n’est pas cette scène qu’il faut uniquement retenir mais les réflexions de Jésus quand il dialogue avec des Juifs : « Ses disciples se rappelèrent qu’il est écrit : L’amour de ta maison fera mon tourment. Des Juifs l’interpellèrent : « Quel signe peux-tu nous donner pour agir ainsi ? » Jésus leur répondit : « Détruisez ce sanctuaire, et en trois jours je le relèverai. » Les Juifs lui répliquèrent : « Il a fallu quarante-six ans pour bâtir ce sanctuaire, et toi, en trois jours tu le relèverais ! » Mais lui parlait du sanctuaire de son corps. ». Ainsi donc, le Temple – même vénérable et vénéré encore de nos jours à travers le mur des lamentations – n’est pas l’essentiel ; Jésus bâtit un autre Temple, celui de son Corps de gloire, celui qui deviendra le Ressuscité de Pâques.

Notre vie s’en trouve recentrée. Nous ne sommes pas des gardiens de musées et de lieux saints si beaux et précieux soient-ils : nous sommes des adorateurs du Dieu vivant. Le vrai sanctuaire, c’est Jésus Christ incarné, humilié, crucifié, mis à mort et au tombeau et ressuscité. Notre vie est totalement recentrée sur Lui. Il nous précède dans notre véritable destinée, dans un état qui changera complétement notre façon d’être. St Paul nous promet des « corps spirituels » et dans le même temps, l’Eglise nous invite à croire à la résurrection de la chair, à devenir autres  qu’en ce monde mais non moins identifiable, sensibles au bonheur, à la paix, à la plénitude de la vie et de la divinité. Nous connaissons ce qui nous est promis : nous serons glorifiés, enfants de Dieu, héritiers avec le Christ, habitants du ciel, et cela éternellement… Attention  quand même à ces mots usés, répétés, galvaudés peut-être ; ils nous indiquent une réalité qui sera toute surprise, toute découverte et au-delà de toute imagination.

Vous comprenez pourquoi c’est un véritable recentrage. Les choses terrestres nous éparpillent, nous égarent, sans compter nos soucis et préoccupations, nos défauts et péchés. Le Carême et ce passage de l’évangile de st Jean ont le mérite de nous recentrer sur l’essentiel en ce sens qu’il nous oriente vers la seule réalité de toujours, la vie dite éternelle dans laquelle Dieu sera tout en tous et nous en Lui. Vivre déjà en espérance selon ce nouvel axe, selon cette sublime perspective, c’est connaître la force de traverser l’épreuve et la mort. Le Christ ressuscité redonne du goût à notre aujourd’hui. Ce Messie a beau passer par la croix, il est la puissance et la sagesse de Dieu. Il est déjà la lumière qui brille dans nos ténèbres et balise tous nos chemins.

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